Frère Maurice Cocagnac

Si vous ne connaissez pas encore le frère Maurice, voici quelques éléments biographiques qui montrent comment une vie dominicaine peut être bien remplie !

Le fr. Maurice est né la 20 juin 1924 à Tarbes. Lors de ses études secondaires et trois ans qu’il passe à l’école des Beaux-Arts (section de l’architecture), il participe à la Résistance, distribue les journaux clandestins, dont Témoignage chrétien, et s’engage dans les F.F.I. Il entre dans l’Ordre de saint Dominique et prend l’habit au couvent de Saint-Jacques le 22 septembre 1945. Après son premier engagement, le 23 septembre 1946, il rejoint le couvent d’études d’Étiolles. Il est ordonné prêtre le 15 juin 1951 et termine ses études à l’université dominicaine de l’Angelicum à Rome. Il obtient les grades universitaires de la licence et du lectorat en théologie.

À son retour en France, en 1954, il est assigné à Paris, au couvent de Saint-Dominique, siège des Éditions du Cerf. Le père Couturier étant mort en février 1954, le fr. Maurice prend avec le fr. Jean Capellades la direction de la revue L’Art sacré, qu’il conserve jusqu’à l’arrêt de la publication en 1969. Pendant cette période, il succède au père Carré comme aumônier de l’Union catholique du théâtre et de la musique. Il se lie d’amitié avec de nombreux artistes qui lui sont restés très attachés, dont le comédien Pierre Richard qui lui rend visite jusqu’à ses derniers jours. Avec les jeunes artistes, comédiens, musiciens, danseurs, il fonde à Belle-Île-en-Mer l’Arche de Noë, lieu de repos, de rencontre, d’éveil intérieur et de prière.

Pour répondre à la demande pressante de ses amis, le fr. Maurice accepte vers 1958 d’enregistrer ses chansons bibliques et religieuses, son premier disque quarante-cinq tours. Graeme Allwright le soutient et l’aide à diffuser son message spirituel.
Sa rencontre avec Le Corbusier, « désireux de connaître et de comprendre le mystère chrétien à travers l’Église catholique », le marque profondément. Après avoir vécu quatre ans à l’Annonciation où il se lie d’amitié avec le père Festugière, le fr. Maurice s’installe à Saint-Jacques en 1975. C’est le fr. Maurice qui, en 1968, a conseillé à la province le choix de l’architecte Joseph Belmont pour la reconstruction du couvent.

De 1969 à 1994, le fr. Maurice accomplit de nombreux voyages aux États-Unis, au Mexique, au Guatemala, en Inde, au Japon, en Espagne. Il donne des concerts, rencontre des civilisations et des spiritualités différentes. Diplômé en études orientales, initié au yoga et à la méditation zen, il publie de nombreux ouvrages où se conjuguent exégèse biblique, théologie, philosophie et spiritualité. Il souligne les résonances entre tradition chrétienne, hindouisme et même chamanisme.

De 1989 à 1994, il est sous-maître des novices au couvent de Strasbourg, puis il revient à Saint-Jacques. Il ne quitte ni son violon, ni sa flûte, ni sa guitare. La peinture et le dessin sont, dit-il, sa respiration. Il juge son œuvre avec humour. Il expose en 2003 dans une galerie du Marais à Paris. Durant l’année 2005, sa santé se dégrade ; il accepte d’entrer à la maison Marie-Thérèse où, malgré sa peine de se sentir diminué, il reste serein. Il s’éteint le 18 décembre 2006, entouré par ses frères et ses amis ; il repose au caveau conventuel du cimetière du Montparnasse.

Homme aux talents multiples, le fr. Maurice est notamment connu pour son œuvre musicale. Avec beaucoup de simplicité, il a en effet mis en musique les plus belles pages de la Bible.